Systèmes complexes : vers une révolution de la conception logicielle ?

http://www.refondation.org/blog/1916/systemes-complexes-vers-une-revolution-conception-logicielle

Publié par Philippe Gautier le 10/10/09 •
Dans la catégorie Économie numérique

Nous vivons aujourd’hui un contexte de mondialisation des
échanges économiques mais aussi privatifs (opinions, technologies, Web
2.0 etc.). Les entreprises s’ouvrent désormais massivement vers
l’extérieur de leur écosystème d’origine (partenaires, clients,
consommateurs, etc.) et passent d’un concept déjà galvaudé
« d’entreprises étendues » à celui d’« écosystèmes ouverts d’entreprises ».

Dans les chaines de valeur, à la multiplicité des intervenants ou des
échanges viennent s’ajouter de nouveaux acteurs. Ce sont, d’une part,
les « consommateurs / citoyens » qui occupent déjà de longue date le
cyberespace. Ce sont, d’autre part, les objets, qu’ils soient
réels (objets manufacturés, lieux, monuments, végétaux etc.) et équipés
d’identifiants de toutes natures (étiquettes électroniques RFID ou NFC,
codes à barres, URI, coordonnées GPS ou GSM etc.) ou virtuels, telles
les informations agrégées et structurées qui transitent entre systèmes
informatiques (EDI, SOA).

Plus récemment, la généralisation du nommage sériel des
objets manufacturés (via les codes à barres, la RFID, le NFC etc.) ou du
nommage unique (coordonnées GPS, URI etc.) est venue ajouter à la
complexité en générant un surcroît d’informations de nature
événementielle dans les systèmes en place.

Des réponses, imparfaites, sont donc apparues pour pallier ces
difficultés d’interopérabilité : EDI syntaxique (et non sémantique),
architectures SOA, ETL, bus applicatifs, informatique
décisionnelle (Business Intelligence),
premières applications de commerce mobile etc.

Mais ces réponses ne semblent, à cette date, pas suffisantes. Leur
principal handicap réside dans leurs méthodes de conception, inspirées
d’approches fonctionnelles et « déterministes » (relations de
cause-a-effet). En effet, ces méthodes consistent à tout prévoir à
l’avance pour modéliser ou décrire de façon exhaustive ce que devrait
être la réalité et non pas la gérer telle qu’elle est.

Or la réalité est souvent différente du modèle et personne ne peut
prévoir tous les cas de figure (ni aucun standard)…

Cela ne porte pas trop à conséquence lorsque le périmètre concerné
est restreint, contrôlé ou fermé (celui de l’entreprise seule ou d’un
petit nombre d’entreprises en interaction, par exemple). Mais les choses
se compliquent de façon extraordinaire lorsque le périmètre s’ouvre,
notamment à des acteurs dont les actions ou comportements sont, par
nature, changeants et contextuels (consommateur etc.).

Ces systèmes d’information existants, opérant de façon
« déconnectée » et en parallèle de l’organisation réelle, deviennent par
conséquent inadaptés pour modéliser ou surtout gérer la réalité de
l’entreprise moderne. Au mieux se réajustent-ils ponctuellement ou de
façon cyclique, les exemples des inventaires dans les entrepôts ou des
bilans comptables de fin d’année étant, à ce titre, significatifs.

En résumé, lorsque la complexité de l’organisation ou des processus
augmente, l’efficacité du système d’information – tel que conçu
actuellement - inversement, diminue. Dans ce contexte, les nouvelles
technologies, telle la RFID, ne sont qu’un « catalyseur de chaos » (cf.
expériences récentes en grande distribution).

Il devient donc nécessaire d’en repenser la conception sans pour
autant remettre en cause l’existant. L’utilisation de méthodes
systémiques de conception logicielle permet de répondre à ces enjeux.
Aujourd’hui encore confinées à des marchés de niche (militaire
notamment) ou aux laboratoires de R&D, elles seront demain le
parangon du développement logiciel. Pour autant, leur généralisation
nécessitera de changer nos habitudes de pensée (changement de
paradigme), les modélisation de nos organisations, ainsi que nos cursus
en matière de formation… Cette révolution à venir concerne donc
l’ensemble du système : quoi de plus naturel pour des approches
qualifiées de « systémiques » ?

Philippe
Gautier

Illustration : Rocket Science, par Sven Geier (copyleft)

Source : http://www.sgeier.net/fractals/fractals/04/Rocket%20Science.jpg

mercredi, mai 27 2009

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